L'art du bonsaï

La pratique du yoga, du Qi Gong et du Tai chi chuan
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LES BONSAI
MIEUX VIVRE
LES TECHNIQUES
Conseils pratiques sur les bonsai
 

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Le choix du bonsai
Les catégories de bonsai
Quelques conseils
Maladies des bonsai
Esthétique arboricole des bonsai
Les saisons

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Le choix du bonsai :

Vous vous sentez prêt, vraiment prêt ; considérez la question du choix. Important ce choix, autant pour vous que pour le bonsaï. Si vous l'imaginez déjà trônant sur la table du salon entre le canapé et le téléviseur, faisant l'admiration de vos amis, renoncez tout de suite : un bonsai n'est pas un bibelot. Regardez par votre fenêtre ou allez vous promener dans un parc ou dans la forêt. Admirez ces arbres grandeur nature, qui dansent dans le vent, frémissent sous la pluie, jouissent du soleil, et offrent naïvement à nos regards leurs silhouettes dénudées. Pourquoi voulez-vous offrir au vôtre un confort qui vous convient certainement, mais qui lui sera probablement fatal? Un bonsaï n'est pas une plante, même s'il en a la taille; c'est un arbre, et un arbre doit vivre dehors! Les espèces tropicales, les seules que l'on pourrait nommer d'intérieures, doivent aussi, pour leur bonne santé, passer l'été dans le jardin ou sur le balcon, protégées du soleil fort.

Les catégories de bonsai :

On peut classer les bonsaï en trois catégories :
- les espèces de nos régions qui doivent être à l'extérieur toute l'année. Le pot doit être protégé à partir de -5°C;
- les espèces subtropicales que l'on doit rentrer en cas de gel dans une véranda ou une pièce non chauffée, car elles ont besoin d'un repos végétatif d'au moins quatre mois;
- les espèces tropicales, comme les ficus par exemple - benjamina ou rétusa -, qui doivent passer de Novembre à Mai dans une véranda ou une serre chauffée suffisamment humide.

Quelques conseils :

Le bonsaï est un arbre à part entière. Il est préférable de choisir des espèces, en fonction du climat dans lequel on se trouve et pouvant vivre à l'extérieur toute l'année. On peut réadapter certaines espèces vendues comme "bonsaï d'intérieurs" et dont la vie, sur la table basse du salon est bien compromise. L'orme de Chine, par exemple, qui est certainement le bonsaï le plus vendu pour sa robustesse, peut très bien passer l'hiver à l'extérieur car il supporte très bien des gelées matinales sans toutefois aller au delà de moins cinq. Au-delà, il conviendra de le rentrer dans une pièce non chauffée ou de le protéger suffisamment. Le bonsai en pot est beaucoup plus dépendant que le bonsai en pleine terre, c'est pourquoi il faut être très vigilant, chaque saison demandant son cortège de soins. Ne vous précipitez pas sur les trousses spéciales. Elles sont très chères et contiennent beaucoup de choses inutiles. Il vaut mieux n'acheter qu'une, voire deux pinces de bonne qualité et affûter son savoir-faire ! En effet, le bon sens et la psychologie sont indispensables pour élever un bonsaï.

Maladies des bonsai :

Surveillez avec attention les attaques de toutes sortes : maladies, pucerons, araignées etc. Choisissez des produits utilisés pour l'agriculture biologique qui sont moins agressifs, plus efficaces et respectent l'environnement. Les dosages doivent être scrupuleusement respectés.

Esthétique arboricole :

Au japon, il existe une codification très particulière pour chaque forme, mais les règles d'esthétique doivent, pour une sculpture vivante et sensible comme peut l'être un arbre, respecter aussi la personnalité et le caractère de l'arbre. La beauté dans la forme, dans les proportions est ensuite une affaire de cœur...

L'observation des arbres dans la nature ou les parcs, vous ouvrira à l'esthétique et à la sensibilité arboricole indispensable pour former vos bonsaï dans les meilleures conditions. Un bonsaï permet au citadin de rester en contact avec la nature et va développer son sens des responsabilités. Se sentir concerné par un petit arbre en pot entièrement dépendant peut élargir la conscience à l'environnement et développer une certaine sensibilité à l'égard de la nature et la lui faire respecter. Au-delà de la simple passade, la transformation et la maturation de l'arbre se répercuteront sur celui qui aura su s'investir suffisamment.

Les quatres saisons :

Au printemps

Saison de l'enchantement, de l'ouverture des bourgeons,
des fleurs pour les arbres à fleurs.

Soins à effectuer au printemps :

  a) arrosage et traitements
b) rempotage
c) engrais
d) pinçage
e) yamadori

a) Arrosage et traitements des bonsai

Le premier des soins à apprendre est l'arrosage. Je pense même que c'est la science du bon sens.
Il convient d'arroser le bonsai avant que la motte ne soit complètement sèche, mais surtout pas quand elle est encore très humide. En Eté, quelques heures de retard peuvent être fatales à votre bonsai; en Automne ou au Printemps, trop d'eau peut faire pourrir les racines du bonsai.
Au Printemps, les besoins en eau ne sont pas aussi impératifs qu'en Eté; il y a moins de feuillage, donc moins d'évaporation, l'air est plus humide (sauf Printemps 2003 exceptionnellement sec) et la température plus basse. Bien sûr, chaque saison réserve ses surprises et il peut y avoir une forte chaleur, même au mois d'Avril: il conviendra alors d'arroser abondamment. Apprenez à "tâter la terre" et gratter un peu le dessus pour sentir s'il reste de l'humidité dans la masse de la motte. La terre doit donc plus ou moins sécher entre deux arrosages. Si le temps est humide, inutile d'arroser, mais rendez visite à vos bonsai tous les jours. Vous apprendrez ainsi à les comprendre et savoir instinctivement ce dont ils ont besoin. Méfiez-vous de la grosse averse dont on pense qu'elle a suffisamment mouillé la terre et qui n'a fait qu'humidifier le dessus, les racines au fond du pot restant sèches.
Un pluviomètre peut se montrer fort utile!

Soyez très vigilants aux attaques des parasites qui aiment se cacher sous les feuilles. Utilisez un produit à base de roténone qui respecte l'environnement, sans danger pour les animaux à sang chaud et sans effet sur les abeilles. Comme nous l'avons déjà vu, les dosages sont à respecter. Ne jamais diminuer de moitié sous prétexte que l'arbre est petit : les pucerons, eux, font la même taille que sur les grands arbres.

Ne pas laissez d’herbe aux racines profondes, même rampantes comme la sagine, recouvrir le pot et appauvrir la terre. Une petite mousse peut se montrer très jolie et protéger la terre.

b) Rempotage des bonsai

Les bonsai que vous pouvez acheter dans les grandes surfaces ont peut-être un prix attractif, mais vous n'en aurez que pour votre argent. Leurs racines sont très faibles et ne les tiennent pas dans leurs pots. Quant à la forme, il est le plus souvent impossible d'en faire quelque chose car, pour leur donner un "genre bonsaï", ils sont tordus, mais sans esthétique. On peut toutefois en cherchant bien, dénicher un sujet valable. Bien travaillé il pourra faire un sujet acceptable au bout de quelques années!
Sur une centaine ou deux, il se peut que vous le trouviez. Si vous l'avez déniché, rempotez-le tout de suite dans un bon mélange, taillez et attendez.

Dans tous les cas, le rempotage, très important dans la vie du bonsai, doit être mené avec beaucoup de soins. Un chevelu bien développé est en rapport avec la finesse de la ramification. Sur un bonsai en bonne santé, il remplit le pot qui ne contient presque plus de terre et il devient facile de sortir la motte. Démêlez ce chevelu avec beaucoup de soin à l'aide d'un petit crochet ou simplement d'une aiguille à tricoter.
S'il en reste, coupez les grosses racines. Attention que le chevelu qui se trouve au bout ne représente pas un pourcentage trop important par rapport au reste, car vous devez tenir compte du fait que vous allez raccourcir tout le chevelu démêlé. Enlevez la vieille terre sans toutefois vous acharner à vouloir absolument mettre les racines à nu car vous risqueriez de traumatiser l'arbre.
Préparez le nouveau pot en obturant le trou avec un petit grillage plastique type moustiquaire pour éviter que la terre ne sorte, mais aussi pour que les insectes n'y pénètrent. Il doit être légèrement plus grand que le précédent si le bonsai est jeune et encore en croissance, ou de la même taille si le bonsai est stabilisé.

Vous pouvez employer un mélange standard composé par tiers de terre de jardin, de terreau et de sable granitique sans poussière type " riz concassé ", pour le drainage. Vous pouvez aussi ajouter de la tourbe pour alléger. Selon les espèces, il est bon de mettre un peu plus de terreau ou de sable et pour les érables, de la terre de bruyère ou de petites écorces de pins. Etalez les racines dans le nouveau pot dont le fond est tapissé du mélange et d'un peu d'engrais organique recouvert d'une couche de "lombricompost"; les racines adorent! Puis continuez à mettre le mélange sur les racines, en tassant avec les doigts (on piétine au pied des arbres de grande taille pour maintenir les racines et les mettre au contact avec la terre) de façon à ce que le mélange "s'infiltre" bien dans le chevelu (aidez-vous d'une aiguille à tricoter). Arrosez ensuite abondamment.

Les étapes d'une taille et d'un rempotage de bonsai.

Au mois de mars, cet arbre vient d'être acheté. Il a un bon potentiel, mais demande une sérieuse taille et un rempotage. Il a une bonne motte de chevelu et après un minutieux démêlage nous pouvons couper ces grandes racines qui tournaient dans le pot. Nous avons aussi coupé une racine plus importante mais inesthétique. Nous le mettons dans un pot un peu plus grand. J'évite les pots très plats, car par temps très sec comme nous avons connu cet été, ils n'offrent pas une bonne réserve. Personnellement, je n'ai perdu aucun bonsai pendant la canicule... Dernière photo, quelques mois plus tard. Un problème de maladie à un peu retardé sa croissance.

 

             


Ce bonsai a été acheté chez un grossiste. Il a une bonne structure, mais demande une taille sévère et un rempotage. La dernière photo a été prise 6 mois après. Il n'a pas beaucoup poussé, car j'ai eu un souci de maladies et d'araignées rouges. Je pense qu'il va rapidement se remettre et commencer un bon démarrage au printemps prochain. Age environ 10 à 12 ans, taille 40 cm

c) Engrais

Les bonsaï ont très peu de terre, il faut donc les nourrir. On vend dans le commerce des engrais liquides à Bonsaï. Ils peuvent faire l'affaire pour un débutant, les dosages sont indiqués sur les bouteilles et il convient de les respecter. Mais par la suite, avec la pratique, il est bon d'utiliser des engrais solides à diffusion lente. Pour ma part, je préfère utiliser des engrais organo-minéral que l'on trouve dans toutes les jardineries. le N, l'azote, n'est pas trop important.
N, l'azote, c'est la croissance active son chiffre ne doit pas dépasser 6. Dans cette culture, nous cherchons à limiter le développement du feuillage, or c'est l'azote qui permet l'abondance. C'est parfait pour une salade, pas pour un bonsaï.
P, le phosphore, à un rôle énergétique. C'est un facteur de croissance de l'appareil racinaire. Une carence se traduit par un feuillage vert foncé alors que l'extrémité des feuilles jaunit et se dessèche.
K, le potassium, intervient dans la photosynthèse. Il diminue la transpiration, assurant une meilleure résistance à la sécheresse et au gel en augmentant la concentration de sève. Il renforce la résistance aux maladies. Les plantes carencées deviennent molles et les feuilles brunissent.
Un engrais équilibré pour bonsaï doit voir les trois chiffres correspondant à N.P.K situés entre 4 et 8.

Selon le démarrage de la végétation, fin Février, début Mars, déposez autour de l'arbre, près du bord extérieur du pot, une cuillerée à café à deux cuillerées à soupe, selon la taille de l'arbre. Recommencez l'opération au mois de Mai, puis mi-Août; si l'arrière saison est belle, vous pouvez en remettre une petite quantité fin Septembre.
Au moment du rempotage, je dépose dans le fond du pot la quantité voulue de cet engrais sans qu'il soit au contact des racines. Ne jamais mettre de l'engrais chimique liquide sur un arbre fraîchement rempoté, vous risqueriez de brûler des racines ; attendez un mois.

d) Pinçage

La végétation démarre, il faut commencer à " pincer ". Dés que les nouvelles pousses ont émis plus de 5 à 6 feuilles, il faut rabattre avec des ciseaux ou l'ongle à une ou deux feuilles. C'est ce qui va favoriser la ramification, donner de la densité et nanifier les feuilles. Il faut toujours rester le plus prêt possible du tronc pour éviter que l'arbre ne se retrouve avec de grandes branches dénudées.

e) Yamadori

Si vous avez repéré des sujets intéressants dans un jardin, ou au bord d'un chemin, c'est le moment de les prélever. Mes nombreux bonsaï sont pour la majorité issu de prélèvements. Je possède des sujets que je forme depuis une quinzaine d'années et qui, au moment de leur prélèvement, avait déjà de dix à trente ans, ce qui leur donne maintenant un âge respectable. Mais attention, il ne s’agit pas de prélever n’importe où et surtout pas des arbres cultivés. La majorité de mes arbres issus de yamadori, viennent de la forêt de Troncais. Dans les zones de coupes, ces petits arbres se sont développés en formes buissonnantes parce qu'ils ont été maintes fois cassés par les nombreux passages et voués à la destruction par les bûcherons. A mon contact, il reparte pour une nouvelle vie où ils sont admirés, soignés et aimés…

En été

Vacances, la chaleur… L'exubérance du Printemps a fait place à une certaine stabilité. Les arbres ont été pincés de nombreuses fois, le feuillage s'est épaissi et les nouvelles pouces vont s'aoûter*. L'arbre, bien nourri, bien arrosé a grandi. Une situation ombragée est nécessaire. Ses besoins en eau sont d'autant plus grands que la température est plus élevée et l'air plus sec. Il ne faut pas oublier UN arrosage! Par temps très sec et chaud, deux jours sans eau peuvent être fatals. Si la terre est très sèche, elle ne peut être imprégnée complètement en une seule fois et la motte doit être mouillée entièrement. Il convient de faire plusieurs passages avec l'arrosoir ou le jet (jusqu'à trois).
Evitez-leur le plein soleil, surtout en milieu de journée. Dans un pot de couleur sombre, la température à l'intérieur peut atteindre plus de 60°, ce qui est néfaste aux racines. Ne jamais arroser un arbre avec de l'eau très froide dans ces conditions. Mettez-le à l'ombre tout de suite. Avec de l'eau tiède, commencez par le bassiner, et attendez que la terre reprenne une température normale. Puis arrosez et pulvérisez abondamment le feuillage.
Des feuilles pendantes mais non sèches rependront rapidement de la vigueur. Si elles ont séchées, mais qu’elles tombent au bout de quelques jours, l’arbre en refera certainement d’autres. Il faut alors lui donner de l’engrais liquide pour le soutenir dans cette épreuve.
Pour les arbres d'eau (saules, aulnes, etc…), il est possible de les laisser dans un plat qui retiendra l’eau. Si vous avez utiliser des engrais liquides une fois par mois depuis Mars, il convient d'arrêter les deux mois de Juillet et Août où la végétation marque un temps d'arrêt.

Vous partez en vacances? Donnez votre arbre à garder à un spécialiste ou emmenez-le!

A l'automne

Saison par excellence de la plénitude avant le grand sommeil et de la profusion des couleurs. Les bonsai vont se parer de leurs tenues flamboyantes. Pour cela vous pouvez remettre les espèces caduques un peu plus au soleil dont la force a faibli : ils vont alors s'embraser! Il convient également de leur donner de l'engrais pour les mois de septembre et octobre. Maintenant se constituent les réserves qui vont permettre à l'arbre de mener à bien ses bourgeons de l'année qui vient. Les consignes d'arrosage sont les mêmes qu'au printemps où la sève est montante et les feuilles en plein développement, alors qu’à l’automne la sève est descendante et le processus d'alimentation des feuilles, stoppé. Tenez-en compte.

En hiver

Vos bonsai ont perdu leurs feuilles. Leurs silhouettes dénudées offrent à nos regards leurs imperfections. C'est maintenant le moment de travailler en profondeur sur la forme. De s'imprégner de ce que nous allons faire pour que le bonsai puisse avoir la plus belle allure. C'est l'époque des tailles de structure, s'il y a lieu, qui vont déterminer le devenir du bonsai. En période de gel il convient de protéger le pot, car la compression de la terre gelée risquerait d'endommager les racines. Ne pas tailler dans la même période. Vous pouvez enterrer le pot, soit le mettre dans une caissette de polystyrène expansé percée et remplie de tourbe ou de "frites" de la même matière, maintenues par un filet en plastique. Si vous avez la possibilité de rentrer vos bonsai dans un endroit abrité non chauffé, même un peu sombre, juste pour la période du gel, n’hésitez pas.

L'acquisition d'un livre, et l'adhésion à un club vous assurera un suivi indispensable à votre apprentissage, car le travail de taille et de pinçage demande un savoir-faire particulier.

Témoin silencieux et timide, il pourra être le compagnon de toute votre vie si vous savez l'aimer, le soigner, ne jamais le négliger quand il aura besoin de toute votre attention dans les saisons extrêmes. A chaque printemps, il vous apportera la meilleure récompense de vos soins attentifs : des bourgeons pleins de vie, qui en s'ouvrant vous apporteront la joie et l'espérance. Il vous survivra en perpétuant l'amour que vous lui aurez donné.

Tu trouveras plus dans les forêts que dans les livres. Les arbres, les rochers t'enseigneront les choses qu'aucun maître ne te dira.

Saint Bernard de Clairvaux

 
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